Article publié le 07/09/2026
Climatisation des logements : le nouveau standard de nos clients
L’été 2026 aura été celui d’extrêmes et tristes records. Fin août 2026, la France a vécu sa 5e vague de chaleur de l’été, après des épisodes successifs en mai, juin et début juillet. Le 24 juin a été le jour le plus chaud jamais mesuré depuis 1947. En juillet un incendie dévastateur a parcouru plus de 42 000 hectares en Gironde et dans les Landes, entraînant l’évacuation de 220 000 personnes. Les preuves d’un changement climatique à l’échelle planétaire sont bien là.
Dans ce contexte, s’il y a dix ans la climatisation des logements faisait figure d’exception dans le parc résidentiel français, aujourd’hui elle devient, pour une part croissante de nos clients, un critère de recherche aussi structurant que le nombre de chambres ou la proximité des transports.
Une progression de l’équipement qui s’accélère
Le taux d’équipement en climatisation des logements français, longtemps très inférieur à celui de nos voisins, a bondi de 18 % à 24 % entre 2023 et 2025 selon l’ADEME, après être passé de 11 % en 2016 à 25 % en 2020.
Mi-2026, environ 28 % des maisons et 13,5 % des appartements seraient climatisés, avec de fortes disparités : plus de 60 % dans les Pyrénées-Orientales, le Gard ou le Var, contre moins de 12 % en Bretagne. La progression est désormais aussi marquée dans les appartements des grandes villes, sous l’effet des îlots de chaleur urbains.
Plus de 800 000 unités split ont été vendues en 2025 et RTE projette 50 % de logements climatisés d’ici 2035. Une évolution qui répond à un changement de climat avéré, plus qu’à un effet de mode.
Longtemps perçue comme un simple accessoire de confort, la climatisation est aujourd’hui davantage considérée comme un équipement d’adaptation aux vagues de chaleur. Les épisodes caniculaires étant plus fréquents et plus intenses, la question concerne désormais directement les conditions de vie et pour certains publics fragiles, la santé.
Un été 2026 sous tension pour la climatisation des logements
Plusieurs vagues de chaleur ont touché la France depuis mai, avec des records battus le 26 mai, puis le 24 juin, et encore le 24 juillet avec des pointes relevées jusqu’à 42°C dans le Sud-Ouest. Des chercheurs du CNRS et du World Weather Attribution estiment que des épisodes de cette intensité en juin étaient quasiment impossibles il y a cinquante ans. Au 15 juillet, 99 départements étaient déjà sous restriction d’eau.
Pour nos clients en relocation, ces épisodes deviennent, été après été, un vrai facteur d’arbitrage résidentiel. Plus spécifiquement, pour un collaborateur arrivant d’un pays où la climatisation est très répandue, l’absence de système de rafraîchissement dans un logement français peut constituer une véritable problématique.
Pour les professionnels de la relocation, le sujet s’avère donc bien concret : le confort thermique est désormais un critère pesant directement dans le choix d’un lieu de résidence. La question météorologique et la climatisation des logements peuvent modifier les attentes des personnes en mobilité, venant s’installer en France.
La France, toujours en retard sur la scène internationale
La France affiche depuis toujours un taux d’équipement en climatisation inférieur à celui de nombreux autres pays. Le Japon et les États-Unis présentent des taux proches de 90-91 %, la Corée du Sud environ 86 %. En Europe du Sud, l’Italie se situe autour de 60 %, l’Espagne entre 30 % et 40 % (jusqu’à 70 % à Séville).
La moyenne européenne, autour de 20 % selon l’AIE, devrait atteindre 50 % d’ici 2050 : la France, longtemps alignée sur ce niveau bas, rattrape désormais son retard rapidement, sans toutefois s’approcher des standards nord-américains ou asiatiques à court terme.
Ce que la climatisation des logements change pour la relocation
Un critère de recherche explicite.
Pour de nombreux clients internationaux, la présence d’une climatisation dans le logement figure désormais parmi les critères de sélection au même titre que l’emplacement, la luminosité, ou l’étage.
Un cadre juridique à maîtriser.
Un locataire peut installer librement un climatiseur mobile, sans autorisation préalable. En revanche, la pose d’un système de climatisation fixe nécessite l’accord écrit du propriétaire bailleur et, en copropriété, un vote favorable en assemblée générale. Ces distinctions sont à clarifier dès la visite, afin d’éviter tout malentendu contractuel avec des clients étrangers en mobilité.
Un levier de valorisation du bien.
Les biens équipés de pompes à chaleur air-air réversibles (environ un quart des installations) se démarquent nettement sur le marché locatif. Ils assurent le rafraîchissement en été, mais servent également de chauffage en hiver, avec un rendement énergétique généralement supérieur à celui d’un chauffage électrique classique. Leur intérêt ne se limite donc pas aux périodes de canicule. À l’inverse, l’absence de climatisation combinée à un DPE défavorable peut disqualifier un bien du marché premium.
Une opportunité de conseil.
Beaucoup de propriétaires n’ont pas encore intégré l’impact de ce changement d’attente. Les professionnels de la location ont donc un travail important de sensibilisation à fournir en amont de la mise en location.
Idées reçues autour de la climatisation des logements
Idée reçue n°1 : La climatisation consomme énormément d’électricité.
Pas nécessairement. Les climatiseurs réversibles modernes affichent un rendement très élevé, avec d’excellents coefficients de performance (COP): ils restituent plusieurs fois plus d’énergie thermique qu’ils ne consomment d’électricité. Leur coût d’utilisation est généralement bien inférieur à ce que beaucoup imaginent, même s’il dépend naturellement de l’isolation du logement, de la température souhaitée et du comportement de l’occupant.
Idée reçue n°2 : La climatisation est mauvaise pour l’environnement.
L’impact environnemental d’une installation de climatisation dans un logement est principalement lié au type d’équipement, à son entretien régulier, au mix électrique du pays et aux conditions d’utilisation. En France, où l’électricité est relativement peu carbonée, l’empreinte carbone liée à la consommation électrique reste plus faible que dans de nombreux autres pays. Les fluides frigorigènes et les rejets de chaleur urbaine demeurent cependant des points de vigilance à ne pas négliger dans une approche globale.
Idée reçue n°3 : Le DPE garantit un logement confortable en été.
Pas systématiquement. Le DPE reste avant tout un indicateur de performance énergétique, historiquement conçu pour limiter les consommations de chauffage. Or, les épisodes de canicule de ces dernières années ont mis en évidence une réalité parfois contre-intuitive : un logement très performant sur le plan énergétique peut aussi conserver plus longtemps la chaleur lorsqu’elle est déjà entrée par phénomène d’inertie, notamment en l’absence de protections solaires, de ventilation adaptée ou d’une conception bioclimatique. Le confort d’été dépend donc de nombreux facteurs qui dépassent la seule étiquette énergétique.
En résumé
Ce qui relevait, il y a peu, d’un confort optionnel devient, sous l’effet du réchauffement climatique et des attentes de nos clients internationaux, un critère de choix immobilier à part entière. À nous, professionnels de la relocation, d’anticiper cette évolution plutôt que de la découvrir à chaque nouvel épisode caniculaire.
Un mot de nuance pour finir : la climatisation reste une réponse d’adaptation, pas une solution au problème de fond. Elle rafraîchit nos intérieurs, mais elle ne fait pas reculer les températures extérieures ni les incendies, et sa généralisation a elle-même un coût énergétique qu’il faudra maîtriser. Partout dans le monde, la question n’est plus seulement de savoir comment mieux vivre avec la chaleur, mais aussi comment en limiter l’ampleur pour les décennies à venir.
Sources : ADEME, Météo-France, préfecture de la Gironde, Santé publique France, EFFIS/Copernicus, RTE, Hello Watt, AIE, CNRS/World Weather Attribution.
