bouton d'actualités

Article publié le 14/10/2026

Diriger, oui. Administrer, encore. Travailler… quand ?

Et si la santé mentale du dirigeant commençait par… arrêter de lui demander de tout faire ?

Vous le savez, ce sera la thématique phare de notre convention cette année à Marseille. Il nous a semblé intéressant d’identifier via cet article quelles peuvent être les causes d’une santé mentale qui s’altère….

Les dirigeants sont ceux censés faire tourner la boutique, trouver les clients, assurer les missions, gérer les imprévus, payer les factures, développer l’activité, relancer les clients, encaissés ses règlements… et accessoirement dormir de temps en temps …

Mais être dirigeant aujourd’hui, ce n’est plus seulement exercer son métier.

C’est aussi être juriste, comptable, informaticien, responsable RSE, spécialiste de la cybersécurité, expert en protection des données, contrôleur qualité, responsable conformité…et bientôt, sûrement, météorologue pour prévoir la prochaine tempête administrative !

Le dirigeant moderne, cet être merveilleusement polyvalent !

Prenons une journée parfaitement ordinaire.

Le matin, on essaie de faire son vrai métier, celui pour lequel on s’est installé. Celui qui apporte de la valeur aux clients. Celui qui, accessoirement, génère du chiffre d’affaires.

Et puis arrive un petit rappel : avez-vous pensé à votre RSE ? …Ah oui, c’est vrai, je m’en occupe de suite.

Et votre empreinte carbone ? Evidemment je suis en train de la recalculer !

Votre RGPD est-il à jour ? ..oui bien sûr, je viens de mettre à jour le registre …

Votre cybersécurité est-elle suffisamment robuste ? …On va regarder ça.

Et votre facturation électronique ? Alors là… prenez un café, on va avoir besoin d’un peu de temps. !

Le problème n’est évidemment pas que ces sujets soient inutiles.

La RSE, la cybersécurité, la protection des données, la réduction de notre empreinte environnementale ou la modernisation de la facturation répondent à de vrais enjeux.

Le problème, c’est l’empilement.

Chaque sujet, pris séparément, paraît raisonnable.

Mais lorsqu’on les additionne à tout le reste, on finit par créer une nouvelle activité à temps plein: gérer les obligations nécessaires pour pouvoir continuer à exercer son activité.

« Vous devez prendre soin de votre santé mentale. »

Très bien.

Mais entre deux rendez-vous clients, pouvez-vous simplement nous expliquer quand ?

Parce que le paradoxe devient assez cocasse : on encourage les dirigeants à lever le pied, à prendre du recul, à préserver leur équilibre, à apprendre à déléguer…Tout en leur demandant de maîtriser toujours davantage de réglementations, de normes, de plateformes, de procédures et de déclarations.

Le dirigeant est donc invité à :

  • respirer, oui mais après avoir rempli le tableau Excel.
  • prendre du recul, oui mais après avoir mis à jour la procédure.
  • déconnecter, oui mais uniquement après avoir vérifié la conformité.
  • déléguer….encore faudrait-il avoir quelqu’un à qui déléguer. Et dans beaucoup de petites entreprises, notamment chez les indépendants et les TPE, la réalité est simple : il n’y a personne. Il y a le dirigeant, et éventuellement son ordinateur. Qui, lui aussi, commence à avoir besoin d’un soutien psychologique.

Le véritable risque : ne plus avoir le temps de faire son métier

C’est peut-être là que se situe le vrai sujet.

À force de vouloir sécuriser, encadrer, mesurer, tracer, déclarer, documenter et digitaliser chaque aspect de l’entreprise, ne risque-t-on pas de perdre de vue l’essentiel ?

Le métier.

Celui qui fait vivre l’entreprise. Celui qui crée de la valeur. Celui qui permet de facturer.

Parce qu’une entreprise peut avoir une magnifique politique RSE, une cybersécurité impeccable, une facturation électronique parfaitement paramétrée et un bilan carbone aux petits oignons…

Mais si son dirigeant passe tellement de temps à gérer tout cela qu’il n’a plus le temps de chercher ses clients, de les accompagner, d’innover ou simplement de faire son travail…Il y a peut-être un petit problème de logique.

La santé mentale du dirigeant ne se dégrade pas nécessairement à la suite d’un événement majeur. Elle peut aussi s’éroder lentement.

  • Une tâche de plus.
  • Une obligation supplémentaire.
  • Une nouvelle plateforme.
  • Un nouveau mot de passe.
  • Une nouvelle échéance.
  • Une nouvelle réglementation à comprendre.
  • Un nouveau logiciel à paramétrer.
  • Une nouvelle case à cocher.

Et cette petite voix intérieure qui finit par dire : « Sérieusement ? Encore un truc ? »

Ce n’est pas forcément spectaculaire, mais ça épuise.

Parce que le dirigeant ne porte pas seulement la charge de son travail.

Il porte aussi la responsabilité de l’entreprise, de sa trésorerie, de ses clients, parfois de ses salariés, de ses partenaires, de ses fournisseurs… et désormais une partie non négligeable de la charge de conformité qui accompagne chaque nouvelle évolution.

Alors, que faire ?

Peut-être commencer par accepter une idée toute simple: un dirigeant est une ressource humaine lui aussi.

Prendre conscience que sa capacité d’attention est limitée, que lui aussi a un besoin de récupération. Il y a des périodes de doute. La tolérance à la complexité qui n’est pas infinie.

Et surtout sa mission première est de faire fonctionner son entreprise.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut faire l’impasse sur la RSE, la cybersécurité, la protection des données ou la facturation électronique. Cela signifie peut-être simplement qu’il faut arrêter de considérer que chaque nouvelle obligation peut être absorbée sans coût humain.

Et si nous remettions un peu de bon sens dans tout cela ?

Peut-être que prendre soin de la santé mentale du dirigeant ne consiste pas uniquement à lui proposer une séance de relaxation, une formation à la gestion du stress ou de lui conseiller de « prendre du temps pour lui ».

Peut-être que cela consiste aussi à lui permettre de faire son travail dans des conditions raisonnables. Et parfois, très simplement, à dire : « Non. Pas aujourd’hui. J’ai une entreprise à faire tourner. »

Parce qu’au bout du compte, derrière chaque entreprise, il y a un dirigeant. Et surtout derrière chaque dirigeant, il y a un être humain.

Un être humain qui, contrairement à son logiciel de facturation, n’a pas encore trouvé la fonctionnalité “mise à jour automatique”.

Et c’est peut-être très bien ainsi.

Prenons deux minutes pour nous poser une question : Est-ce que je dirige encore mon entreprise… ou est-ce que je suis devenu le responsable administratif de ma propre entreprise ?

La frontière devient parfois étonnamment mince. Et si nous voulons vraiment parler de santé mentale du dirigeant, il serait peut-être temps de parler aussi de sa charge mentale administrative.

Parce qu’à ce rythme-là, bientôt, nous n’aurons plus le temps de faire notre métier.

Celui-là même qui génère nos revenus.

C’est l’un des aspects qui sera abordé à notre prochaine convention les 2 et 3 décembre à Marseille. Accordez-vous une bulle d’oxygène et venez !

Autour


de la même thématique